Écrire un roman : les 10 questions que vous me posez le plus souvent.

L’autre jour sur mon profil Instagram j’ai fait un live pour répondre aux questions que vous me posez régulièrement sur l’écriture.

J’adore l’idée des directs, mais le problème c’est qu’au bout de 24h ils disparaissent !

Alors, j’ai voulu laisser une trace sur le blog des réponses que j’avais apportées, en espérant que cela puisse éclairer/aider ceux et celles que ça intéresse.

Évidemment, il ne s’agit là que de mon expérience personnelle de jeune romancière.

Vous aurez autant d’histoires et de vérités que d’écrivains différents, et si il y a bien une chose à retenir c’est qu’il n’y a pas de règle, justement.

  • Comment faire pour être édité ?

Pour être édité il faut un contrat avec une maison d’édition.

Le mieux est donc d’envoyer votre manuscrit à plusieurs maisons et attendre un retour (qui peut prendre jusqu’à trois mois). Je vous conseille d’envoyer quelque chose de « propre », relisez, faites vous relire par un proche, corrigez. Si il y a beaucoup de fautes, cela risque d’être plus difficile de captiver l’attention de la personne qui recevra votre roman.

De plus en plus de maisons acceptent les formats numériques, il est plus simple (et moins coûteux) aujourd’hui, d’envoyer vos oeuvres.

Si il n’est pas facile d’être édité – je suis consciente d’avoir été chanceuse – ce n’est pas pour autant impossible. Et puis vous n’avez pas grand chose à perdre à tenter votre chance.

  • Comment choisir la maison d’édition à démarcher ?

Essayez de repérer les maison qui éditent des livres qui sont proches de ce que vous avez écrit ! C’est inutile d’envoyer partout, mieux vaut cibler.

  • Faut-il suivre une trame, fair un schéma, utiliser un logiciel d’écriture ?

Ça c’est vous qui voyez ! En ce qui me concerne, je ne fais rien de tout ça, je me laisse porter par mon histoire.

Je la découvre moi même au fur et à mesure que je l’écris.

Pour mes deux romans j’ai fait un plan pour y voir plus clair (aux environs de la moitié), ainsi que des fiches avec les caractéristiques des personnages, historie de ne pas m’embrouiller les pinceaux. Je n’utilise pas de logiciel d’écriture, mais si ça peut vous aider ou vous rassurer, alors foncez !

  • Combien gagne un romancier ? Peut-on vivre de sa plume ?

Ahhh. La question qui revient le plus je crois ! Dans l’inconscient collectif les auteurs gagnent beaucoup d’argent. La réalité est toute autre !

Très peu vivent de leur plume (une cinquantaine, en France, il me semble ?) !

Il faut savoir qu’un auteur touche, en moyenne, 10% des ventes de son livre (oui, c’est celui qui empoche le moins !! Dingue, non ?)(bruts, hein, les 10%).

Sur un roman à 17€ je vous laisse calculer combien il faut en vendre pour espérer se tirer un petit salaire !

Aussi, il faut savoir que, par exemple, un premier roman se vend (là encore c’est une moyenne) à 800 exemplaires. Ça vous parait peu ? Il y a tellement de livres qui sortent tous les jours que ce chiffre est déjà énorme en soi.

Pour dépasser ces statistiques, il faut se démarquer.

Comment ? Prix littéraires, bouche à oreille, coups de coeur des libraires, réseaux sociaux, presse, etc… Mais ce n’est vraiment pas simple.

Dans mon cas, ma communauté et les réseaux sociaux m’ont énormément aidée à faire connaitre mes romans. Lorsqu’on est une jeune autrice, comme moi, aucun journaliste ne s’intéresse vraiment à vous.

Ce sont mes lectrices qui ont porté Ciao Bella. En allant le demander en librairie, elles ont suscité la curiosité des libraires « mais c’est qui cella là ? on m’a déjà demandé son roman plusieurs fois aujourd’hui ! », ce sont des mots que vous m’avez souvent rapportés. Et parfois, donc, ces libraires ont lu mon histoire, parfois ils l’ont aimée, ils l’ont donc conseillée à leur tour, en ont commandé plusieurs exemplaires, etc… Il y a eu aussi toute la communauté #bookstagram : les chroniques (positives ou non) de ces passionnés de lecture, le travail de fond de ma maison d’édition et le soutien sans faille de mes amies.

C’est ce qui a permis à mon histoire de se frayer un chemin, d’avoir un joli succès pour un premier roman, une nouvelle vie, aujourd’hui, en version Pocket, et aussi d’envisager de remettre ça.

Et puis il faut un peu de chance, aussi.

Bref, si j’ai un conseil à vous donner : n’écrivez pas pour devenir riche. Vous risquez d’être déçus. Si cette passion se transforme ensuite en travail, alors ce sera la cerise sur le gâteau.

Mais vraiment, concentrez vous sur la recette plutôt que sur le fruit au dessus.

  1. Où trouver les idées ? Par où commencer ? Comment s’organiser ?

Là encore je vais vous parler de mon vécu, c’est le seul que je connaisse. Les idées me viennent de mes émotions, souvent. De ce que je ressens à un moment donné.

Pour Mamma Maria, par exemple, le bien être ressenti dans un bar lors d’une soirée m’a donné l’envie de faire, de ce lieu, mon personnage principal. Puis l’histoire s’est construite autour.

Je suis évidemment inspirée par les gens que je rencontre, mais aussi par les sujets qui me révoltent, m’animent et me passionnent. Bref, cherchez là où votre coeur bat le plus fort.

Par où commencer ? Et bien par là où ça vous semble le plus simple. Le début, pour moi. Mais ça peut être la fin. Une phrase. Une pensée.

Et pour l’organisation je ne vais pas être de bon conseil : je suis très dissipée, reine de la procrastination et mes carnets de notes sont des torchons. Moi même je peine à me relire. Mais ce que je sais, c’est qu’écrire me procure un bien être immense. J’entre comme en transe. Alors peut importe la méthode. Je suis juste mon instinct.

  • J’aimerais me lancer, mais j’ai peur, comment faire ?

La peur est ma pire ennemie, je connais donc bien le sujet. Très longtemps j’ai eu peur de me lancer. Et puis un jour il y a eu un déclic. Une lettre, dans mon cas.

Pourquoi ce jour là ? Je n’en sais rien. Mais je suis persuadée qu’il existe un bon moment pour tout.

Si vous n’y arrivez pas, ne forcez pas. Cela viendra en temps voulu. L’écriture doit être un plaisir, elle doit être une alliée, pas quelque chose qui vous effraie. Alors prenez le temps de l’apprivoiser et lorsque vous en aurez marre de vous regarder du coin de l’oeil, re tentez un rapprochement !

  • Combien de temps faut-il pour écrire un roman ?

Certains romanciers mettent des années à écrire, moi j’écris très vite. Je mets beaucoup de temps à me lancer, mais une fois que je suis partie je suis une Ferrari et rien ne m’arrête.

Cependant, pour mes deux romans je suis partie seule, en Italie pour le faire. Il me fallait être loin de mon quotidien, loin de mes obligations, il me fallait du calme et un endroit où je pourrais écrire 12 heures par jour. J’ai écrit mon dernier roman en 3 semaines. Il s’agissait là de la première version. Ensuite il y a tout le travail éditorial avec mes éditrices, qui prend plus de temps.

Ce n’est pas un exploit, en soi, d’écrire un roman en trois semaines. Pour moi c’est bien plus difficile d’écrire deux heures par jour pendant trois mois. J’en serais incapable, il faut pour cela une discipline que je n’ai pas. Moi j’ai besoin d’être aux pieds du mur pour être efficace. Mais voilà, encore une fois il n’y a pas de règle. Vous vous connaissez mieux que quiconque. Donc faites comme vous savez !

  • As-tu des rituels d’écriture, écris-tu tous les jours ?

J’écris tous les jours, oui. Sur les réseaux sociaux, sur des carnets qui n’ont ni queue ni tête. J’ai toujours aimé écrire. C’est un exutoire. Mais en ce qui concerne l’écriture des romans c’est intense et sur une courte durée. Pour les rituels : silence absolu. Le moindre bruit me dérange (parfois je porte même un casque anti bruit), j’ai besoin d’être au calme, parce que c’est le bordel dans ma tête et que sans ça, je ne peux pas m’entendre.

serena giuliano écriture

  • Est-ce que ta maison d’édition apporte beaucoup de changements à ton texte ? Est-ce qu’il y a une grosse différence entre le texte de départ et le final ?

Pas de gros changements sur l’histoire (en tout cas jusque là). On ne m’a jamais demandé de modifier profondément un personnage, de changer la fin ou une partie trop importante du roman. Le travail de mes éditrices se fait tout en finesse.

Il s’agit d’améliorer le texte sans le dénaturer. Pour Mamma Maria par exemple j’ai du réecrire un chapitre, mais c’est tout. Pour le reste, il s’agit de développer une action ou une idée, de déplacer un mot pour rendre une phrase plus percutante. Cela apporte un vrai plus, et je me sens très chanceuse de pouvoir avoir le regard et les conseils de mes éditrices sur mes écrits.

Aussi, rien ne m’est imposé. J’ai le droit de refuser leurs suggestions. Et je dois admettre que ça ne m’arrive jamais. J’ai une totale confiance en elles.

  • Que penser de l’auto édition ?

C’est un très bon moyen de se lancer et c’est parfait si on veut avoir le contrôle sur tout (et plus de % sur les ventes !) mais, cela veut dire aussi, qu’il faut tout faire soi même… et ce n’est pas facile tous les jours, d’après mes collègues et amies auto-éditées. Avoir une maison d’édition c’est avoir une équipe et un soutien professionnel, ainsi qu’une visibilité en librairie. Je pense que si je n’avais pas trouvé de maison, j’aurais, moi aussi, tenté l’expérience de l’auto-édition. Pour certains auteurs, c’est un vrai choix et ils n’ont pas du tout envie d’être publiés autrement. C’est encore une fois, une décisoin personnelle. Tout dépend des attentes, des envies de chacun. Dans l’auto édition, comme dans l’édition classique, il y a du bon et du mauvais !

Voilà, j’espère avoir apporté des réponses et éclaircissements à celles et ceux qui se posent ces questions.

Vous en avez d’autres ? Posez-les moi en commentaire !

Retenez que si l’envie d’écrire est présente dans votre coeur, alors foncez. Vous n’avez rien à perdre à essayer.

L’écriture ne peut être que bénéfique.

Elle libère, soulage, répare. Nourrissez cette passion, osez.

Comme pour n’importe quoi d’autre, au début ce sera peut être bancal, nul même, et alors ? On persévère, on s’améliore, on peaufine.

Mes romans m’ont aidée à grandir, à murir, à être un peu plus sûre que moi.

Alors je ne suis peut être pas encore riche – voyez je ne perds pas espoir – mais putain c’est quand même déjà ça de gagné !

Vous me demandez aussi, parfois, mon avis sur vos textes.

Je refuse toujours ce n’est pas de la méchanceté mais 1. Je manque de temps 2. Je ne suis pas éditrice et je n’ai aucune compétence en la matière 3. J’ai une pile de livres à lire grande comme la gueule d’Hanouna.

Pour tout le reste : l’édition, le succès, le fric, la villa, la coke et les putes de luxe (:D), je souhaite du fond du coeur que ça vous arrive (bon, sauf la coke), juste ne perdez pas de vue que c’est un peu comme le loto : une chance sur un million.

Mais, il parait que si on ne joue pas on ne gagne jamais ! Alors…

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Source: Wonder mum

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